Rencontre avec le fondateur de Siga, Aris Christodoulou.

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Nous entendons de plus en plus parler du danger que peut représenter les aliments ultra-transformés pour notre santé. C’est donc tout naturellement que nous avons souhaité ajouter sur l’application ScanUp une information de qualité sur le degré de transformation des produits scannés.

Pour cela, nous nous sommes tournés vers la société Siga qui a développé une méthode d’évaluation de la transformation des produits. Le partenariat que nous avons noué ensemble vous permet de retrouver sur l’application l’indice de transformation de vos produits. Rencontre.

 

Bonjour Aris, tu es le fondateur de la startup Siga, peux-tu nous présenter ton entreprise en quelques mots ?

Siga c’est une démarche scientifique qui tend à favoriser l’adoption d’un régime alimentaire préventif.
Pour adopter un tel régime il faut manger Végétal principalement, Vrai et Varié. Hors aucun indice ne permettait à date d’évaluer la composition des ingrédients scientifiquement pour identifier les « vrais » aliments.

C’est ce que nous avons construit avec un comité d’experts en analysant l’ensemble des ingrédients présents dans les recettes. Nous en tirons des outils et services que nous mettons à disposition des professionnels et du grand public pour sélectionner, développer et consommer des produits plus sains, plus simples.

 

Comment est né le projet ?

L’idée initiale était de promouvoir les recettes les plus saines auprès des consommateurs car aucun score scientifique à date ne le faisait de manière systématique. L’intérêt des professionnels pour nos travaux scientifiques nous a encouragé à développer des outils permettant d’améliorer leurs articles. Il s’agit d’un atout considérable que de pouvoir échanger avec les industriels et de confronter nos évaluations à leur propre expertise afin de peaufiner nos critères.

 

Tu travailles avec un comité scientifique, peux-tu nous le présenter ?

Il est présidé par le Dr. Anthony Fardet, chercheur en alimentation holistique et préventive. Il fait partie de ces 10 scientifiques les plus réputés sur le sujet de la transformation en alimentation. Vous avez sans doute lu ou vu l’une de ses interventions récemment. Je le qualifierai aisément de référent européen sur le sujet.

Nous comptons aussi sur Sylvie Davidou, maître de conférences au CNAM depuis plus de 20 ans. Aucun ingrédient ou process industriel n’a de secret pour elle. Elle contribue grandement à la construction de nos critères (15 000 ingrédients, des centaines de justifications).

Les équipes de Nutrifizz contribuent également à nos travaux. Elles nous partagent leur expertise en matière de méthode de travail avec l’industrie agro-alimentaire ainsi que leur connaissance législative et scientifique.

Enfin, notre responsable Scientifique en interne, Kelly Frank, fait le pont entre nos activités et les travaux que nous menons conjointement avec le comité d’experts.

 

Comment se construit ton indice de notation ?

Pour évaluer les articles nous utilisons l’intégralité des données légales mises à disposition sur le packaging : liste d’ingrédients, table nutritionnelle et dénominations légales. Nous évaluons chacun des ingrédients (process subi), des additifs (éventuel degré de nocivité) et prenons en considération les taux de gras, sucres et sels.

Les critères sont discutés et établis par notre comité d’experts scientifique et technique. Ces critères sont évolutifs du fait du savoir que nous ne cessons d’accumuler auprès du législateur, des études scientifiques et des partenaires industriels et distributeurs qui nous partagent leur secret de fabrication.

Tous nos critères sont justifiés scientifiquement et plus de 100 études appuient la classification NOVA basée sur la transformation tel que l’est notre score.

 

Peux-tu nous expliquer en quoi l’indice Siga va plus loin que la classification internationale NOVA ?

NOVA est à l’origine d’une révolution en alimentation. Elle promeut un changement de paradigme : évaluer les aliments selon une simple somme de nutriments est dépassé, il faut désormais observer la manière dont ils sont transformés et formulés. Tous les sucres ne se valent pas ; ils peuvent être naturellement présent ou ajoutés après une obtention simple (process thermique d’évaporation et de concentration pour le sucre intégrale) ou plus complexe (process enzymatique d’hydrolyse pour le sirop de glucose).
Ceci est valable pour les graisses ou pour les additifs et ingrédients cosmétiques, ce qu’aucun score n’évalue scientifiquement actuellement.

Plus de 100 études ont été menées à travers le monde avec cette classification. Toutes mettent en évidence de fortes corrélations entre une importante consommation d’aliments ultra transformés et le développement des maladies chroniques. On ne devrait pas en consommer plus de deux portions par jour, idéalement 0 voire 1.

NOVA est un outil principalement pensé par et pour des épidémiologistes, permettant l’étude statistique de corrélations entra alimentation et santé. Aussi, il n’est pas possible de discriminer justement l’ensemble des aliments avec NOVA.

Nous avons donc intégré des scientifiques et bénéficier de leur expertise en science des aliments, en formulation, en aspects règlementaires pour répertorier, classer l’ensemble des process et comprendre précisément quelles lois et règles régissent les dénominations légales d’ingrédients renseignés sur les packagings.

 

Peux-tu nous expliquer en quoi l’indice de transformation du produit est une information complémentaire au Nutri-score ?

Le Nutri-score constitue un grand pas en avant quant à l’information partagée aux consommateurs. Il permet aisément d’évaluer les qualités nutritionnelles d’un aliment par la traduction en couleur du résultat d’opérations mathématiques effectuées sur les quantités de nutriments présentées dans la table nutritionnelle (calories, gras, sucre, sels, etc.).

Hélas, ce score ne rend compte que d’une partie de la réalité puisqu’il échoue à discriminer les produits ultra-transformés lorsque ceux-ci apparaissent nutritionnellement bons. Plus de 50% des articles promus par le nutri-score sont ultra-transformés.

C’est pourquoi avec Siga nous allons plus loin et nous avons néanmoins aussi intégré des critères nutritionnels au sein de notre classification. Je dirai donc qu’aujourd’hui le score Siga peut se suffir à lui-même quand bien même il serait présenté en complément du Nutri-score.

Je tiens à ajouter que la science suggère désormais qu’il faudrait observer en premier lieu la formulation d’un article puis dans un second temps ses qualités nutritionnelles.

En effet, certaines graisses sont essentielles à la constitution d’un régime alimentaire préventif. Hors le nutri-score les stigmatisent toutes. Il est important de pouvoir distinguer d’autant plus au sein de ses produits ceux ayant subis le moins de transformation. C’est ce que nous faisons pour tous les produits alimentaires.

 

Comprends-tu aujourd’hui la défiance des consommateurs envers les industriels ?

Il est compréhensible que le manque de transparence, la surmédiatisation des scandales sanitaires et les études épidémiologiques négatives inquiètent le consommateur et instaure un sentiment de défiance.

Mais ceci ne peut constituer un motif de stigmatisation de l’industrie agro-alimentaire dans son ensemble. Nombre d’acteurs produisent des articles de grande qualité selon des considérations de santé mais aussi socio-environnementales.

Le problème c’est qu’il n’existe guère de référentiel scientifique pertinent permettant d’évaluer ces politiques selon notre prisme. Siga permet de le faire au niveau des formulations et vous présentent les meilleurs élèves par l’attribution de médailles d’Or et Argent.

 

Penses-tu que les industriels sont prêts aujourd’hui à reformuler leurs produits pour en améliorer la qualité ?

Un certain nombre d’industriels ne nous ont pas attendu pour adresser ces problématiques. Ceux-ci sont d’autant plus intéressés par nos services que nous leur permettons de valoriser les efforts menés auprès des distributeurs et des consommateurs.

Une seconde partie des industriels va adresser ces problématiques car nous disposons désormais d’un nombre suffisant d’études pour justifier de la nécessité de proposer aux consommateurs des articles aux recettes plus saines et plus simples.

J’ose imaginer qu’une frange des industriels reste réfractaire à l’amélioration des recettes des articles. Mais restons positifs, ceux-ci finiront par écouter la science et les consommateurs, tous en demande d’articles de meilleure qualité.

 

Pourquoi as-tu souhaité travailler avec ScanUp ?

Je tiens à remercier ScanUp qui nous a contacté très tôt afin de pouvoir intégrer notre score dans leur application. Nous avons pris le temps de le confronter aux professionnels (scientifiques, interprofessions, industriels et distributeurs) pour l’améliorer avant de l’afficher aux consommateurs.

Nous sommes très satisfaits de présenter ce jour cette information sur près de 15 000 articles aux utilisateurs de ScanUp car son suivi est déterminant dans l’adoption d’un régime alimentaire préventif.

Nous en profiterons pour solliciter la communauté ScanUp afin de comprendre au mieux comment transcrire l’indice Siga en une information lisible pour le grand public.

 

 

Pour découvrir le degré de transformation de vos produits n’hésitez pas à télécharger l’application ScanUp.

Télécharger ScanUp :

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